Les murs

LES MURS

Erró

Les nouvelles scapes de Erró, 2020
acrylique sur toile, dimensions variables

Galerie Ernst Hilger (stand D20)

Né en 1932 à Ólafsvík (Islande), Gudmundur Gudmundsson dit Erró vit et travaille à Paris depuis 1958. Artiste incontournable de la Figuration narrative, Erró est depuis la fin des années 1950 un virtuose reconnu pour ses collages qu'il pratique à partir d'accumulation d’images. Les super héros américains et les images de propagande chinoise, russe ou cubaine se mêlent avec grâce aux figures de la peinture classique, de revues scientifiques ou d’images publicitaires. Créant des chocs visuels, confondant les temporalités et les espaces, Erró conçoit des œuvres à la fois cocasses, troublantes, empreintes d’humour et pleines de dérision. Éminemment politique, souvent critique, son travail dénonce la guerre, les pouvoirs totalitaires ou la consommation de masse. En 1985, Erró expose au musée d’art moderne de la Ville de Paris et en 1999 à la galerie nationale du Jeu de Paume. En 2010, le Musée national d'art moderne – Centre Pompidou dédie une importante rétrospective à ses collages. La galerie Ersnt Hilger représente Erró depuis 2000.

Juan Garaïzabal

Lost Tuileries Palace, 2020
Installation in situ

Bogéna Galerie (Stand B21)

Juan Garaïzabal est né à Madrid en 1971. Il grandit en pleine transformation de l'Espagne. Conscient d'un devoir de mémoire de la fragilité des libertés individuelles, l’artiste s'émeut de l'importance historique des lieux et de leurs transformations. Son écriture de lumière et de métal réinvente des éléments architecturaux disparus remplissant les vides urbains et délivrant ainsi un œuvre monumental sur la tolérance et le respect. Garaïzabal a acquis une renommée internationale grâce à ses sculptures dans le domaine publique : ses «Urban Memories». Ces monuments anciens sont représentés à la fois sur leur site d’origine et en taille réelle. Lors d’Art Paris 2020, l’artiste présente une étude du palais des Tuileries. La sobriété des lignes métalliques et des ombres projetées évoque avec finesse, la beauté et l’imposante présence de la façade de ce palais, aujourd’hui perdu. Artiste polyvalent, Juan Garaïzabal développe un travail aux multiples facettes : dessin, sculpture, installation lumineuse et acoustique, art vidéo et gravure… Il travaille dans plusieurs ateliers à travers le monde (Berlin, Madrid, Miami, …).

Rui Moreira

1. Machine of Entangling Landscapes VIII, 2019
gouache et aquarelle sur papier, 152,5 x 237 cm

2. Telepath I, 2013
gouache et stylo gel sur papier, 215 x 140 cm

3. The Holy Family III, 2014
gouache sur papier, 120 x 160 cm

4. Sans Titre, 2007
encre de Chine sur papier, 120 x 320 cm

Galerie Jeanne Bucher Jaeger (stand C10)

Héritier d’un passé portugais nourri d’expéditions lointaines, le travail de Rui Moreira, né à Porto en 1971, est fondé sur les voyages dont il choisit avec soin la destination afin de ressentir les changements physiques et psychologiques inhérents aux lieux visités - chaleur écrasante du désert marocain, températures glacées montagneuses aux sources du Gange, humidité de la jungle amazonienne, rituels des Caretos de Podence au nord du Portugal. Dessinant alors de façon ininterrompue lors de ses retours, l’artiste effectue une sorte d’exercice mnémonique en revivant le cycle naturel de chaque espace afin d’en ressentir toutes les nuances. Les œuvres naissent de la répétition d’une action simple : l’artiste remplit patiemment, longuement, inlassablement chaque contour jusqu’à l’épuisement du corps soumis à des conditions excessives d’immobilité et de gravité telle une intense méditation de mémoire. Les œuvres de Rui Moreira se déclinent souvent en abstractions géométriques formant une cosmographie, ou en paysages organiques rappelant les structures du vivant, ou encore en divinités surgissant de paysages mythologiques. La galerie le représente depuis 2008 et a accompagné ses expositions dans de nombreuses institutions internationales : Le Mudam Luxembourg en 2014, le Musée de la Ville de Lisbonne en 2016, le Centre International des Arts José de Guimarães en 2017, la Fondation Fosun à Shanghai en 2018, la Fondation Berardo à Lisbonne en 2019...

Edouard Taufenbach

LA MÉTHODE, 2020
74 éléments uniques, variations en cyanotype et palladiotype sur la série "Homage to the Square" de Josef Albers, collage sur papier Sennelier, contrecollage sur aluminium, encadrement en acier, verre anti­reflet, 32,5 x 32,5 cm (chacun)

Galerie Binome (Stand B18)

LA MÉTHODE est un ensemble de collages uniques, variations en cyanotype et palladiotype sur la série Homage to the Square de Josef Albers. Un exercice de style qui épuise toutes les séquences possibles obtenues par un protocole de découpage et ré-assemblage des quatre formes primitives des carrés peintes par Albers. De prime abord, les perspectives abstraites de ce nouveau corpus d’Edouard Taufenbach surprennent au regard de la figuration de ses travaux antérieurs à travers la mise en scène de photographies vernaculaires. La restitution par l'artiste des étapes de recherches démontre plutôt la mise à nu d’un processus de pensée/création : déconstruire et reformuler. Cette déconstruction de l’image première et ré-assemblage, comme la découpe des rushes d’une pellicule permet autant de nouvelles formes filmiques, prévalait déjà dans les séries "CINEMA : Histoires domestiques" (2016) et "SPÉCULAIRE" (2018). En cela LA METHODE ne constitue pas tant un tournant qu’une expression radicalisée de sa pratique, épurée de tout sujet, pour ne retenir que la tension minimaliste de la forme sous-jacente. De cette grammaire géométrique et répétition sans cesse renouvelée, se dégage aussi une force musicale. Chaque proposition, comme un maillon d’une chaîne rythmique, vient reprendre et amplifier la précédente. L’ensemble des points de vue composés depuis cette triangulation des carrés d’Albers, à partir d’un même point de fuite à l’intérieur du cadre, restituerait dès lors un système où l’obsession de l’artiste s’incarnerait en méthode. Et si l’on se souvient du premier travail photographique d’Edouard Taufenbach, "HOMMAGE" (2015), LA MÉTHODE résonne bien comme une réinitialisation dans un perpétuel recommencement.